La population est associée au premier parc éolien sarthois

En avril, débuteront les travaux du premier parc éolien sarthois. Un parc situé sur les communes de Juillé, Maresché et Vivoin, dont l'originalité du montage mérite un coup de projecteur.

Cette fois, c'est parti ! Le premier coup de pioche sera donné dans deux mois. En avril, débutera le chantier de construction du premier champ d'éoliennes en Sarthe. Un champ qui s'étend sur les communes de Juillé, de Piacé et de Vivoin. « Le tout sur une surface de 2 ha » comme le souligne Jean- Edouard Lemasson, maire de Iuillé, en rappelant que l'ensemb1e du plateau représente une surface de 60 hectares.

Pour une autonomie énergétique

Le premier parc éolien sarthois sera donc bien celui-là. Outre cette première, la réalisation revêt un autre caractère particulier. ll s'agit de son mode de financement et de l'association de la population locale à l'opération. Le projet a d'abord été porté par les élus locaux de plusieurs communes situées dans cette partie du nord de la Sarthe. « De notre côté, nous sommes intervenus sur le dossier voici 5 ans alors que le projet avait été lancé 8 mois plus tôt » , se souvient Yves de La Fouchardière, directeur général des Fermiers de Loué. Des fermiers de Loué qui ont choisi de s'associer dans le but d'obtenir une autonomie énergétique. « Nous allons produire autant d'énergie électrique que nous en consommons de la sélection des races anciennes au four de la ménagère » , insiste le directeur général. Il faut dire que les six éoliennes vont s'ajouter aux 4 ha de panneaux solaires déjà installés chez les éleveurs. « Dans le secteur agroalimentaire, nous allons être les premiers en Europe à arriver à ce résultat » , insiste Yves de La Fouchardière qui salue également l'aspect consensuel de l'opération. Il faut savoir que pour construire ce parc les fermiers de Loué ont créé une filiale baptisée EoLoué. Accompagnée par la société Aerowatt (34 % du capital), une entreprise de la région d'Orléans, EoLoué a choisi de jouer la carte d'un financement participatif local.

Un placement à 3,95 %

Alors que le montant total de l'opération s'élève à 17 millions d'euros, les habitants de la communauté de communes ont la possibilité s'ils le désirent de s'associer au programme à travers l'acquisition de parts. Un achat qui se fait sur la base d'une rémunération de 3,95 % sur 5 cinq ans. « Depuis le début il était difficile de dire à une population qui accepte les éoliennes : les bénéfices c'est seulement pour les autres » , assure Yves de La Fouchardière.

Entretien du patrimoine local

Cette logique, le directeur général veut la mener jusqu'au bout. « Ainsi, dans 5 à 6 ans, quand nous aurons trouvé le point d'équilibre financier, les bénéfices d'EoLoué seront réinvestis dans l'entretien des bâtiments du patrimoine des communes situées dans l'environnement des éoliennes. Les poulets de Loué auront quant à eux un bénéfice moral » , assure le directeur général.

« Participer au développement durable »

Agé de 61 ans, Marcel Yzeux a choisi de se lancer dans l'aventure. Il a décidé de placer une partie de son épargne dans l'achat de parts du futur parc éolien du pays Belmontais. Il faut dire que Marcel Yzeux est censé savoir ce qu'il fait. Ce jeune retraité a passé l'essentiel de sa carrière au sein de la COB (Commission des opérations de bourse), puis de l'AMF. L'AMF étant l'Autorité des marchés financiers plus connue sous le vocable de « gendarme de la bourse ». « J'étais informaticien et je faisais des enquêtes » , se borne à nous confier l'habitant de Vivoin. L'homme n'a pas hésité à se porter volontaire pour acheter le produit d'épargne proposé. « Il y a trois critères qui ont retenu mon attention. Le premier, c'est le côté développement durable et les retombées énergétiques » , explique Marcel Yzeux qui évoque ensuite « la sécurité » offerte autour de cette épargne. « Pour moi, c'est un placement garanti a long terme, l'argent est bloqué pendant 5 ans et ça rapporte 3,95 % hors prélèvements sociaux. À l'arrivée ça fait du 3,2 % » . « Le troisième motif qui m'a guidé vers ce placement ce sont les retombées économiques pour la commune. Reste à savoir si les particuliers en profiteront ? » Directeur départemental du Crédit Agricole de la Sarthe, Jean Méplomb confirme que l'opération n'est pas un placement à risque mais plus simplement « une opération d'épargne garantie par la Caisse régionale » . Qu'il y ait du vent ou non, le directeur assure qu'au bout « de 5 ans, capital et intérêts seront restitués ».

Plus de 300 000 EUR

Il souligne qu'une somme totale de 1,1 million d'euros est ainsi proposée aux habitants de la communauté de communes. Avec une mise minimum de 750 EUR et des paliers de 10 EUR. « Aujourd'hui, alors que le produit n'est proposé que depuis le 22 janvier nous avons dejà collecté plus de 300 000 EUR » , indique le directeur, très confiant quant à la réussite de l'opération.

 

Source : Maine Libre du 14 février 2013

Ils ont souscrit au projet éolien sarthois

Deux habitants du Pays belmontais participent au financement des premières éoliennes de la Sarthe

Véronique Porteneuve

Conseillère municipale de Juillé, elle a toujours aimé les éoliennes. Elle en aurait bien vu une dans son jardin, à la condition que la famille la construise elle-même. En attendant, elle s'est précipitée sur le projet des Fermiers de Loué et de la communauté de communes du Pays belmontais. « La meilleure énergie, c'est celle qu'on ne consomme pas » , aime à dire cette fervente des énergies renouvelables, alternatives au nucléaire. La militante joue la carte pédagogique auprès de ses concitoyens. « Quand on me parle du bruit des éoliennes et des paysages qu'elles détruisent, je parle des routes et des panneaux publicitaires à l'entrée des villes ! »

Marcel Yseux

Retraité de l'Autorité des marchés financiers, il a rejoint le projet parce qu'il adhère à l'idée du développement durable. « Je ne peux pas mettre de panneaux solaires chez moi. J'ai déjà regardé pour installer une éolienne. Le projet m'a tout de suite intéressé. Je ne le considère pas comme un investissement mais comme un placement. Et puis, ma tante était fermière dans la Sarthe quand j'étais jeune. On entendait déjà parler des poulets de Loué ! »